La thromboembolie chez le chat

La thromboembolie chez le chat

 

Les premiers travaux réalises dans les années 1960 ont mis en lumière le lien existant entre la thromboembolie artérielle et les cardiopathies du chat ; l’association de la thromboembolie avec l’endomyocardite et la cardiomyopathie hypertrophique (CMH) observée dans les études nécropsiques et cliniques a été établie dans les années 1970. Des lors, la majorité des publications a traité de la prise en charge de la cardiomyopathie sous-jacente, associée au traitement anticoagulant et/ou fibrinolytique.

Les mécanismes a l’origine de la formation du thrombus ne sont pas encore totalement élucides ; des recherches récentes tentent d’identifier les causes de la thromboembolie chez les chats sensibles et leurs résultats pourraient permettre d’améliorer l’approche thérapeutique de ce processus pathologique souvent fatal.

 

La thromboembolie chez le chat: Signes cliniques et diagnostic

La vocalisation aigue d’origine douloureuse accompagnée de parésie/paralysie d’un ou plusieurs membres est souvent le premier signe de la thromboembolie artérielle. Une tachypnée ou une respiration bouche ouverte peut être observée, due a une agonie ou une insuffisance cardiaque congestive. Les membres touchés sont froids, et les coussinets pales ou violacés. Il n’y a généralement pas de pouls artériel, et les muscles des membres touches peuvent être durs par rapport a ceux des membres indemnes. La mise en évidence de l’occlusion artérielle par absence de signal Doppler ou la visualisation d’un thrombus artériel, à l’échographie, permet de confirmer le diagnostic. Une lésion médullaire aigue peut également être à l’origine de ce type de signes cliniques, mais les extrémités des membres touches sont dans ce cas plutôt chaudes et présentent un pouls artériel.

 

Les radiographies thoraciques peuvent révéler une cardiomégalie et une dilatation bi-atriale ainsi qu’un épanchement pleural ou un oedeme pulmonaire. Rarement, une masse pulmonaire est détectée,suggérant une possible origine tumorale ; cela doit être envisage car un néoplasme peut faire partie des hypothèses diagnostiques chez les chats développant une douleur aigue des membres avec absence de pouls et coussinets violaces. Une échocardiographie doit être réalisée une fois le système cardio pulmonaire stabilisé et la douleur traitée ; cet examen peut permettre d’identifier la cardiopathie sous-jacente (hypertrophique, dilatée, restrictive ou cardiomyopathie non classifiée) et peut également mettre en évidence un échocontrasté spontané (encore appelé volutes prethrombotiques) ou un thrombus dans l’atrium gauche.

La thromboembolie chez le chat: Traitement d’urgence

En présence d’éléments engageant le pronostic vital (par exemple, insuffisance cardiaque congestive : crépitements, bruits pulmonaires attenues), la priorité est de stabiliser le système cardiovasculaire. Une oxygenotherapie (en cage, au masque ou par respirateur) et du furosémide (1-2 mg/kg IM toutes les 15 a 30 minutes) doivent être administres aux chats montrant une détresse respiratoire importante. Une dose totale de furosémide de 5 a 8 mg/kg peut être nécessaire jusqu’à ce que la fréquence respiratoire s’améliore et que le chat urine.

Les chats semblent plus sensibles que les chiens aux effets secondaires du furosémide et l’administration d’une nouvelle dose de furosémide ne doit être décidée qu’après évaluation des effets de la dose précédente. Le contrôle de la douleur est essentiel ; la neuropathie ischémique secondaire a la thrombose artérielle est très douloureuse. Les μ-agonistes purs sont souvent le meilleur choix (oxymorphone a 0,05-0,1 mg/kg IM, hydromorphone a 0,05-0,2 mg/kg IM) pour contrôler les douleurs les plus sévères. Apres mise en place d’un cathéter veineux, le traitement antidouleur (ainsi que le furosémide) peut être administre toutes les 2 a 4 heures en IV ou en perfusion (fentanyl a 2-5 μg/kg/h IV, par exemple).

Des vomissements transitoires peuvent être observes avec les narcotiques. L’acepromazine (0,025 a 0,05 mg/ kg IM ou IV toutes les 4 a 6 h) peut être utilisée pour réduire l’anxiété et elle agit en synergie avec les narcotiques μ-agonistes purs. Cette posologie d’acépromazine a peu de risque de favoriser la vasodilatation, mais peut en revanche avoir un effet antiémétique.

La fluidotherapie est a envisager au cas par cas. Les chats en insuffisance cardiaque congestive, ainsi que ceux traites avec du furosémide, ne doivent pas recevoir de solutes IV. Toutefois, certains chats n’ont pas d’insuffisance cardiaque et peuvent être en hypovolémie (bien que cela soit peu probable etant donne le caractère très aigu de la maladie). En general ,on évitera la fluidothérapie jusqu’a l’administration des thrombolytiques, ou un soluté cristalloide isotonique (NaCl à 0,9 %) doit alors être administre en IV pour aider a prévenir et a traiter les lésions de reperfusion. L’hyperkaliémie sévère qui peut s’ensuivre (kaliémie > 8 mM/L ou bradycardie) nécessite l’administration de dextrose (0,5 mL de solution IV de dextrose a 50 %) et d’insuline standard (0,5 U/kg IV). Du bicarbonate de sodium (0,5 mM/L) peut également etre administre en IV lente sur 20 a 30 minutes. Les anomalies électrocardiographiques observées lors d’hyperkaliémie peuvent être très discrètes (allongement de l’intervalle PR, par exemple) ou extrêmement sévères (absence d’onde P, ondes T pointues, onde sinusoïdale, par exemple).

 

La thromboembolie chez le chat

http://www.fregis.com/infos_sante_pathologie_chat_detail.php?entree=&mod=patho&id=81

 

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